Contes russes


Sept contes russes à lire à toute heure du jour ou de la nuit. Une langue limpide, musicale, pour des histoires aussi fameuses en Russie que le sont ici celles de Blanche-Neige ou de Boucle d’Or.
Les illustrations de Bilibine, célèbre illustrateur russe, fortement inspirées de l’art populaire russe, mettent superbement en valeur les récits.

On y retrouve avec bonheur Vassilissa la très sage*, sans doute mon conte préféré ici, et qui, dans une autre version commence ainsi : « Il était une fois et une fois il n’était pas… » ouverture paradoxale qui ouvre dans l’esprit de celui qui écoute une zone flottante, entre deux mondes.

C’est l’histoire d’une petite fille qui perd sa mère. Cette dernière, avant de mourir, lui remet une poupée.

Ecoute mes dernières paroles, obéis à mes dernières volontés. Je te donne cette poupée avec ma bénédiction maternelle. Garde-la. Ne la montre à personne. Si tu es dans la peine, si quelque mal t’advient, offre à manger à ta poupée et demande-lui conseil. Elle t’aidera dans le malheur.

Ca y est. Nous sommes embarqués et déjà on devine que les prochaines heures de Vassilissa seront pleines de pièges et d’obstacles. Mais voilà, la poupée est là. Comment va-t-elle protéger la jeune orpheline ?

Quelques pages plus loin, la terrible sorcière Baba-Yaga souvent figurée dans son isba montée sur pattes de poulet, figure tantôt démoniaque, tantôt bienveillante et qui ne cesse de me fasciner.

Ce n’est qu’au soir tombant que Vassilissa atteignit la clairière où vivait Baba-Yaga. Sa maison d’ossements était faite, des crânes avec des yeux ornaient le faîte, pour montants du portail, des tibias humains, pour loquets-ferrures, des bras avec des mains, et en guide de cadenas verrouillant la porte, une bouche avec des dents prêtes à mordre.

Profitez donc de l’hiver et réveillez, avec tous ces animaux magiques, ces princesses en deuil, ces valeureux tsarévitchs venus du froid, vos plus profondes énergies psychiques.
 

* dont le conte est finement analysé dans l’ouvrage de Clarissa Pinkola Estès Femmes qui courent avec les loups.  Voir l’article précédent : https://atelierdekate.com/2018/11/19/femmes-qui-courent-avec-les-loups-clarissa-pinkola-estes/

« Femmes qui courent avec les loups », de Clarissa Pinkola-Estés

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« Si tu ne vas pas dans les bois,
jamais rien n’arrivera,
jamais ta vie ne commencera.
Va dans les bois, va. »

C’est un livre comme ça : les femmes se le donnent entre elles. Comme un cadeau de reconnaissance, un savoir précieux qu’il faut se transmettre, diffuser, partager. Pour ma part, je l’ai déjà offert quatre fois.

Des contes traditionnels du monde entier

Clara Pinkola-Estés se sert de son expérience de psychanalyste pour nous amener à cet éveil de l’intérieur de notre conscience, en puisant dans les méandres des contes ancestraux, initiatiques, fabuleux, relayés en tous temps et de façon souvent orale.

Elle nous parle d’un savoir-faire presque perdu, celui de fouiller et trouver dans ces récits millénaires, tous les messages significatifs, symboliques et archétypaux.

  • Les archétypes constituent un ensemble de modes d’emploi psychiques qui, à travers le temps et l’espace, viennent apporter leur sagesse à chaque nouvelle génération.

C’est un peu comme si Clarissa Pinkola-Estés reprenait le travail des frères Grimm mais, ses versions des contes qu’elle a collectés pendant des années, sont plus brutes, plus vraies, plus nues, plus sauvages, et surtout venues de toutes les parties du monde, de toutes les cultures, et donc parlent à toutes les femmes, et au plus profond de chacune d’entre elle.

Devenez vraie !

Parce qu’au plus intime de nous, existe cette femme sauvage, authentique, fraternelle, la louve. Notre animal primitif, qui, sous l’impulsion du conte, va se réveiller et venir nous  houspiller, tant et plus, pour déloger tous les fardeaux que nous portons depuis trop longtemps, pour panser nos blessures bleuies par le froid… Et enfin affronter un prédateur archaïque rôdant depuis toujours autour de notre âme, paralysant notre énergie, séquestrant notre conscience.

Femmes qui courent avec loups, c’est une tisane mystérieuse,  Clarissa Pinkola-Estés, – cette infatigable guérisseuse, cette fabuleuse conteuse  – nous l’a concoctée pour nous les femmes – mais les hommes (bienveillants) peuvent venir aussi s’abreuver à cette source -. Laissez donc infuser images et récit jusque dans les tout derniers replis de votre âme, dans toutes les fibres de chacun de vos os, de votre moelle, de votre corps tout entier.

Devenez vraie, vivante, sauvage, puissante et bienfaisante !

Trois extraits du livre

« (…) chaque fois que l’on raconte un conte de fée, la nuit s’installe. Quels que soient le lieu, l’heure, la saison, la narration d’un conte fait toujours se déployer au dessus de ceux qui l’écoutent un ciel constellé d’étoiles où vient luire une lune blanche. Quand l’histoire tire à sa fin, la pièce est parfois emplie des lueurs de l’aube, à moins qu’il n’y demeure un éclat d’étoile ou une effilochée de nuages issue d’un ciel d’orage. Et ce qui est ainsi laissé derrière, c’est le don qui va être utilisé, le don qui va servir à faire de l’âme ».

« (…) J’espère que vous allez laisser les histoires, c’est à dire la vie, vous arriver, que vous allez travailler avec ces histoires issues de votre existence -la votre, pas celle de quelqu’un d’autre- les arroser de votre sang et de vos larmes et de votre rire, jusqu’à ce qu’elles fleurissent et que vous fleurissiez pleinement à votre tour. C’est là la tâche, l’unique tâche. »

« (…) pour éviter de jouer les petites marchandes d’allumettes, 
il faut impérativement effectuer un geste essentiel.
Il faut refuser de perdre votre temps avec ceux qui ne vous soutiennent 
pas dans votre art, dans votre vie.
C’est dur mais c’est vrai.
Sinon, vous allez mener une vie réduite qui va geler toute pensée,
tout espoir, vos dons, l’écriture, la peinture, le théâtre, la danse. »

La Tortue rouge de Michael Dudok de Wit

la-tortue-rouge-1479719548Pourquoi suis-je si en forme ce matin ?

Parce que j’ai vu hier soir sur ARTE un magnifique film d’animation : La Tortue Rouge.

Autant vous le dire tout de suite, l’histoire m’a aussitôt rappelé celle de La femme squelette, un conte inuit que j’ai lu dans le très beau recueil de contes de Clarissa Pinkola Estés, Femmes qui courent avec les loups. (Nous reviendrons sur ce livre dans un autre article).

Dans ce conte, un pauvre pêcheur ramène un soir dans ses filets un squelette de femme. Tout d’abord terrifié, il prend la fuite. Mais la femme squelette est tellement entortillée dans la nasse qu’elle traîne ses os derrière le pauvre homme qui n’en finit pas détaler, terrorisé. Cependant, la nuit venue – et la solitude avec -, le pêcheur, apaisé par la chaleur du feu, décide de libérer la femme squelette de ses entraves…

La Tortue rouge ressemble étrangement aux films de  Hayao Miyazaki. Même portée universelle, même poésie, etc. D’ailleurs  ce premier long métrage du réalisateur néerlandais, Michael Dudok de Wit a été réalisé sous la houlette du Studio Ghibli, devenu fameux grâce à son cofondateur Hayao Miyazaki. C’est dire le crédit accordé.

Bref, voici les premières minutes du film  :

Une nuit d’orage, un homme échoue sur une île, peuplée seulement de jeunes tortues et de crabes malicieux. Une fois remis de son naufrage, il tente d’organiser sa survie en se construisant un radeau. Mais à deux reprises, une force mystérieuse venue de la mer l’empêche de quitter l’île en brisant son embarcation. La troisième fois, il se retrouve face à une imposante tortue rouge, qui détruit à nouveau son esquif…

Qu’ajouter pour vous donner envie de voir ce conte ? Sans doute, rien.

Cliquez sur ce lien et laissez-vous subjuguer par l’histoire de la Tortue rouge !

https://www.arte.tv/fr/videos/077257-000-A/la-tortue-rouge/