Dans ces flaques d’eau inquiètes qu’était l’esprit d’Harriet

Dans ces flaques d’eau inquiètes qu’était l’esprit d’Harriet tournaient inlassablement les mêmes ombres, les mêmes nuages et les mêmes orages.
Ecrire était ce que le monde avait de mieux à lui offrir, mieux que n’importe quelle drogue, mieux que n’importe quel tranquillisant. Quand elle écrivait, les ouragans décampaient, les ténèbres se dissolvaient, les heures, les minutes et les années s’effaçaient, le temps perdait son nom. Dans ces instants-là, Harriet se disait que, si tout s’effondrait en elle, c’était sans importance. Ce qui l’était en revanche, c’était que les mots qui, chaque matin, venaient se serrer les uns contre les autres sur les feuilles, lui soient fidèles. Le jour où elle serait aspirée dans le Grand Tunnel viendrait bien assez tôt.

Vendredi 8 mai 2020

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