Assise à la table de cuisine

Assise à la table de cuisine, son cahier ouvert, elle attendait. Un peu de buée s’était figée sur la fenêtre. Le thermomètre, sur le mur au-dessus de l’évier, affichait à peine dix-huit degrés. C’était un de ces matins froids et venteux où la lumière peine à monter au ciel. Un jour pour les papillons noirs. Peut-être quelques mots viendraient-ils quand même se pointer en douce sur sa feuille ? Elle ne savait pas encore lesquels, ni quand ils viendraient, et s’ils venaient, y en aurait-il d’autres après ? La plupart des jours sans écrire sont des jours perdus, se dit Harriet. Mais elle savait, au plus profond d’elle-même, que cette réflexion n’était que le reflet d’une humeur maussade à mettre à la casse. Parfois, les mots pouvaient être derrière la tête, ou en-dessous, ou même un mètre plus loin. Il suffisait de fermer le cahier, de monter changer les draps d’un lit pour qu’ils se rapprochent et se multiplient, que le temps s’efface des cadrans et que la lumière remonte du puits.

Vendredi 1er mai

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